Confondre le rouge et le vert, mal distinguer certaines nuances : comment reconnaître le daltonisme, le faire tester et ce que les lunettes filtrantes changent vraiment.
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Vous confondez systématiquement le rouge et le vert sur un feu tricolore, ou un proche vous fait remarquer que deux couleurs que vous jugiez identiques ne le sont pas du tout. Ce n'est pas une question de goût : c'est peut-être un daltonisme, une particularité de la vision des couleurs qui concerne environ 8 % des hommes et 0,5 % des femmes en France.
Le daltonisme est une anomalie de la perception des couleurs. Elle vient d'un défaut de fonctionnement des cônes, les cellules de la rétine qui détectent les couleurs. Contrairement à une idée reçue, une personne daltonienne ne voit pas en noir et blanc : elle voit des couleurs, mais confond certaines nuances entre elles.
Il existe plusieurs formes, de gravité et de fréquence très différentes.
Une particularité stable, pas une maladie évolutive
Chez l'adulte comme chez l'enfant, certains signes reviennent souvent :
Le daltonisme est souvent repéré pendant l'enfance, à l'occasion d'un exercice scolaire basé sur les couleurs. Chez certains adultes, il n'est découvert qu'à l'occasion d'un examen de la vue classique ou d'une visite médicale liée au permis de conduire ou à un poste professionnel.
Le test de référence est le test d'Ishihara. Il présente une série de planches composées de points colorés, à l'intérieur desquelles se cache un chiffre. Une personne avec une vision normale des couleurs le distingue facilement ; une personne daltonienne ne le voit pas, ou voit un chiffre différent.
Ce test peut être réalisé par un ophtalmologiste, un orthoptiste, ou de plus en plus lors d'un examen de vue chez un opticien. Il est rapide, indolore et permet en quelques minutes d'identifier le type et le degré de daltonisme.
De nombreux tests de daltonisme sont disponibles gratuitement en ligne. Ils peuvent donner une première indication utile, mais l'affichage des couleurs varie selon les écrans et leurs réglages, ce qui limite leur fiabilité. Un résultat qui inquiète mérite d'être confirmé par un vrai test réalisé par un professionnel, sur un support calibré.
En France, le daltonisme n'empêche généralement pas d'obtenir le permis B classique. Aucun test de vision des couleurs n'est requis pour la visite médicale standard. En revanche, certains permis professionnels (transport de personnes, poids lourds dans certains cas) et certains métiers imposent un contrôle strict de la vision des couleurs.
Certaines professions exigent une vision des couleurs normale ou quasi normale : pilote de ligne, certains postes dans l'armée, la police ou les transports ferroviaires, électricien amené à identifier des fils par leur couleur, ou encore certains métiers du contrôle qualité et du design. Il est utile de vérifier ce point avant de s'engager dans une formation ou un concours.
Pour un enfant daltonien, prévenir les enseignants permet d'adapter certains supports pédagogiques qui reposent beaucoup sur des codes couleur, en primaire notamment. Un diagnostic précoce évite aussi des malentendus pris pour de l'inattention ou des erreurs d'apprentissage.
Ne pas confondre test en ligne et diagnostic
Le daltonisme d'origine génétique ne se guérit pas : les cônes déficients de la rétine ne peuvent pas être remplacés ou réparés. Il existe en revanche des équipements qui améliorent le confort et la distinction de certaines couleurs au quotidien, sans restaurer une vision des couleurs strictement normale.
Les lunettes filtrantes pour daltoniens, parfois appelées lunettes anti-daltonisme, utilisent des verres traités qui filtrent certaines longueurs d'onde. Cela accentue le contraste entre des couleurs auparavant confondues, en particulier en extérieur et en pleine lumière. Leur efficacité varie selon les personnes et selon le type de daltonisme : les résultats sont en général plus nets sur les formes rouge-vert que sur les formes rares.
Il existe aussi des lentilles de contact teintées, parfois portées sur un seul œil, qui jouent un rôle similaire de filtre. Elles sont moins répandues et demandent un temps d'adaptation.
Avant d'acheter ce type d'équipement, souvent coûteux, il est utile d'en discuter avec un opticien qui en propose l'essai : le ressenti est propre à chaque personne et à chaque environnement lumineux.
Pour un premier diagnostic ou un test d'Ishihara complet, l'ophtalmologiste ou l'orthoptiste reste l'interlocuteur de référence, en particulier chez l'enfant ou en cas de doute sur le type exact de daltonisme.
Pour choisir et essayer un équipement adapté, comme des lunettes filtrantes, un opticien indépendant qui prend le temps d'expliquer les options est le bon contact. Notre article sur le rôle de chacun détaille plus largement quand consulter l'un ou l'autre.
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Le daltonisme reste une particularité de la vision, pas un handicap au quotidien pour la grande majorité des personnes concernées. Un test réalisé par un professionnel permet d'y voir clair, au sens propre, et d'ajuster si besoin quelques habitudes ou équipements.
Oui, dans la grande majorité des cas. Le daltonisme rouge-vert est lié à un gène porté par le chromosome X, ce qui explique qu'il touche beaucoup plus les hommes (environ 8 %) que les femmes (environ 0,5 %) en France. Il existe aussi de rares formes acquises, liées à une maladie ou un médicament.
Le daltonisme génétique est présent dès la naissance et ne s'aggrave pas avec l'âge. En revanche, certaines maladies (comme la cataracte ou certaines pathologies rétiniennes) ou certains médicaments peuvent provoquer une baisse acquise de la perception des couleurs plus tard dans la vie. Un changement brutal doit être signalé à un professionnel de santé.
Non, le permis B classique ne nécessite pas de test de vision des couleurs en France. Certains permis professionnels et certains métiers, en revanche, imposent un contrôle strict de la vision des couleurs : mieux vaut vérifier avant de s'engager dans une formation.
Elles filtrent certaines longueurs d'onde pour accentuer le contraste entre des couleurs souvent confondues, ce qui aide beaucoup de porteurs à mieux distinguer certaines nuances, surtout en extérieur. Elles ne guérissent pas le daltonisme et ne restaurent pas une vision des couleurs normale : l'efficacité varie selon les personnes, d'où l'intérêt de les essayer avant d'acheter.
Les signes évocateurs incluent une confusion récurrente entre certains crayons de couleur ou une difficulté avec des supports scolaires basés sur des codes couleur. Un test d'Ishihara adapté, réalisé par un ophtalmologiste ou un orthoptiste, permet de confirmer un daltonisme dès l'enfance, en particulier s'il y a des antécédents familiaux.
Non, il n'existe pas de traitement curatif pour le daltonisme d'origine génétique : les cônes déficients de la rétine ne se réparent pas. Des lunettes ou lentilles filtrantes peuvent améliorer le confort et la distinction de certaines couleurs au quotidien, sans restaurer une vision des couleurs strictement normale.

Nathan Renard
Co-fondateur de Rendivik
Nathan Renard est co-fondateur de Rendivik. Il a créé le site après avoir constaté qu'il n'existait pas d'annuaire indépendant et lisible des opticiens en France, où l'information est souvent dispersée entre Google Maps, sites d'avis et annuaires payants. Son objectif avec Rendivik : redonner de la visibilité aux opticiens locaux indépendants, et offrir aux particuliers un outil clair pour trouver le bon professionnel près de chez eux, sans publicité ni paiement de référencement.
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